“Un beau récapitulatif de has-been, d’illustres inconnus, de machines à sous et de pseudo-rebelles.” C’était ma réaction en lisant la liste des 52 “artistes” signataires de l’appel contre le piratage. Si ces 52 porte drapeaux sont les représentant de la création artistique française, ils me confortent dans mes choix d’acquisition musicales (mes deux derniers achats: Nick Cave et Marisa Monte).
La raison de cette mobilisation: la Sacem n’a récolté “que” trois millions d’euros de plus par rapport à l’année passée…
Tout ceci sur fond de plainte et de procès par les grandes maisons de disques. C’est assez ironique de voir cette fuite de responsabilité du “corporate world” de nos jours. Quand une société fait faillite, c’est toujours la faute des lois, de la conjecture économique, du prix du pétrole. Jamais de l’incompétence de ses dirigeants. Quand l’industrie du disque voit ses recettes diminuer, ce n’est bien sûr pas sa faute. Le fait que les vrais créateurs et les vrais talents soient progressivement remplacés par des des produits marquettings préconditionnés genre Star-Ac, n’a bien sûr aucun effet négatif sur l’industrie (tiens le produit Star-Ac version 1.0 a aussi signé la pétition). Le fait qu’on ne s’implique plus que pour les one-shots ne fatigue bien-sûr pas le public. Et la baisse du pouvoir d’achat, qui fait qu’on dépense moins pour les produits de luxe quand qu’on n’a plus de quoi se payer des produits de première nécessité ne change pas nos achats en CD…
Non, le responsable, c’est le gamin boutonneux qui télécharge illégalement la musique. Comme si il y a vingt ans, les cassettes n’existaient pas et qu’on ne s’échangeait pas nos disques d’Abba ou des Bee Gees.
Savez-vous la seule étude impartiale, menée par le gouvernement canadien, a montré que les personnes qui téléchargent sont aussi ceux qui achètent le plus des CDs? J’ai essayé de voir comment les maisons de disques font pour chiffrer leurs pertes en téléchargement. C’est simple: on soumet aux actionnaires une prédiction des profits pour l’année suivante, disons 3 milliards. Après un an, on fait le bilan: tiens on n’a gagné que 1 milliard? C’est de la faute du gamin boutonneux! N’allez surtout pas accuser le PDG d’avoir fait des prévisions trop optimistes pour faire grimper les actions!
Si vous possédez des parts dans les grandes maisons de disque, vous seriez bien avisés de les revendre et d’acheter des actions dans le pétrole. Là au moins, pas de fausses promesses, pas de stratégies bidons; juste une petite guerre ou un coup d’état de temps en temps, c’est tout.
Et quid des 52 signataires? Je me suis dit que je n’achèterai plus leurs disques. Oui mais… déjà avant la pétiton, je ne m’intéressait pas à eux…
H.
PS: J’ai (re)découvert les Grateful Deads, superbes joueurs en “live”, qui demandaient à leurs fans d’enregistrer les concerts et de se les passer. On trouve sur le site Internet Archive pas mal de ces entregistrements, qui circulent avec la bénédiction des anciens membres du groupe.