Mon pouvoir d’achat.

Mon pouvoir d’achat est bien en baisse. Le premier janvier, j’ai fait la liste des différentes choses que je voulais m’offrir pendant l’année 2008. Un Iphone. Un Ipod 80G. Un home cinéma avec un lecteur graveur de DVD. Un nouveau portable (le Mac book Air). Une semaine à Rio pour le carnaval ou bien 15 jours dans un SPA. Un vélo d’appartement. L’intégrale de Gainsbourg en CD. Une machine à café Nepresso ou peut-être un la Pavoni. Plus quelques broutilles sans lesquelles ma vie serait insupportable. J’ai comparé ça avec mon budget, et… bon je pourrai peut être acheter tous les items de ma liste, mais pour ça il faudrait que j’arrête de payer mon loyer, que j’arrête de rouler en voiture (j’oubliais, j’ai aussi mis sur ma liste une voiture propre, basse consommation) et que je jeûne pendant 9 mois. Dûr dûr …

Récemment, j’ai retrouvé dans mes archives ma liste de 1998: dedans il y avait: des pneus pour ma voiture, voir avec le concessionnaire si je peut revendre ma voiture actuelle et racheter une d’occasion mais en diesel, ajouter une barrette de mémoire vive supplémentaire à mon PC, une semaine de vacances à Spa (pas dans un SPA, à Spa petite vile en Belgique), plus quelques livres de chez Amazon.

Et là, je me suis rendu compte que j’avais changé. Il y a 10 ans, je voulais m’offrir des choses “raisonnable”, sur la base de leur importance pour ma vie professionnelle et privée. Maintenant, je convoite des choses “indispensables”, selon des critères que je suis bien incapable de définir.

En dix ans il y a eu une inflation des prix, c’est sûr; mon salaire n’a pas augmenté en proportion, c’est certain; mon pouvoir d’achat a baissé, c’est mathématique. Mais cette “sensation” viscérale de perte de moyen et d’impuissance économique est sans commune mesure avec ma réalité financière. Je l’explique par une perte du sens de la réalité financière. Je ne sais pas si c’est lié au passage à l’Euro, mais j’ai la sensation que les objets, malgré leur prix, ont moins de valeur. Pour l’anniversaire de mon neveu, je pensais lui offrir un PSP. 250 €. Et puis je me suis rendu compte que cette somme représentait 1800 FF ou 10000 FB. Somme que je n’aurai pas déboursé pour mon propre anniversaire il y a 10 ans (et encore mois pour celui de mon neveu). J’ai lui ai donc choisi un jeu pour son Game Boy Advanced , un peu dépassé, mais qui lui procure toujours beaucoup de plaisir.

H.

Publié dans:  on 29 mai 2008 at 4:02 Laisser un commentaire
Tags: ,

De la roue de la fortune au trou de la Sécu.

Le trou de la sécu et la surprescription des médecins est un des leitmotifs des médias. Par contre personne n’a pu m’expliquer comment on calcule ce trou. Quand je vais chez le médecin, il m’ausculte, il demande parfois des examens complémentaires, prise de sang, radio, crachats et il me prescrit (ou pas) un traitement. Comment fait le gouvernement, sans savoir ce dont je souffre, pour dire que mon médecin traitant a surprescrit? Comment le ministre de la santé peut dire que la prise de sang était de trop? Ou que les antibiotiques étaient inutiles?

J’ai commencé à avoir des explications après avoir discuté avec un médecin urgentiste. En parlant d’une personne arrivée aux urgences après un infarctus, il m’a dit que vu l’âge du patient (66 ans), il ne fallait pas la transférer aux soins intensifs mais la garder dans un service chronique. Pourquoi? Parce que c’était les nouvelles “guidelines” et que c’était plus “cost-effective”. Perplexe, j’ai creusé le sens de ces néologismes. Et j’ai compris. Si vous avez 40 ans et que vous faites un malaise cardiaque, on a intérêt à faire le maximum pour vous car si vous vous en remettez, vous allez encore travailler entre 20 et 25 ans, payer des impôts, des cotisations sociales et de facto rembourser le coût de tous les soins high-tech qui vous auront été administré aux soins intensifs. Par contre, si vous avez plus de 65 ans, vous êtes retraité, vous ne produisez plus rien et vous êtes déjà une charge pour la société. il n’y a donc aucune raison d’augmenter cette charge en vous faisant bénéficier de soins coûteux. Il est donc plus “cost-effective” de vous donner des soins minimum.

Quand je vais chez mon médecin, j’espère bénéficier des meilleurs soins et des traitements les plus efficaces. Mais ce que la Sécu demande à mon médecin, c’est d’évaluer le coût versus les avantages financiers du traitement et de faire un arbitrage économique. Mon médecin doit comparer le coût du traitement avec le coût du non-traitement. Il doit comparer le coût d’un examen et celui d’un diagnostic “au pif”. Si c’est plus avantageux pour la société que je sois traité, il doit me prescrire des médicament. Si par contre ça coûtera moins cher à la Sécu de me laisser sans traitement ou de ne pas faire d’examens, il devra laisser la nature faire son travail.

C’est ce qu’on appelle le “cost-effectiveness”. Après les Mac-Dos, la roue de la fortune et la reality-TV, c’est la nouvelle importation des USA. Je peux comprendre que les économistes décident des taux d’intérêt, qu’ils décident de la durée du travail ou du taux de change, mais les laisser jouer au Docteur, là ça me dépasse.

H.

Publié dans:  on 27 mai 2008 at 4:00 Laisser un commentaire
Tags: , ,

L’essence est encore trop bon marché.

Le super 98 à 1.52 €. Ca va encore…

A partir de quand peut-on dire que l’essence est “trop” cher? Quelle est la limite? Un euro? Deux euro? Personnellement je dirai cinq Euro. Si on prend comme analogie le marché des fruits et légumes, on peut dire que les pommes sont trop cher quand arrivés devant l’étal du marchand, vous décidez de faire une tarte aux poires à la place de la tarte aux pommes. Et bien je pourrai dire que l’essence est trop cher quand plutôt que de prendre ma voiture pour arriver en 20 minutes au travail, je prendrai les deux bus avec correspondance qui mettent 1h20 au total pour me conduire de porte à porte. Ou bien le jour où je revendrai ma voiture à essence pour acheter une voiture électrique. Pour moi cette limite est l’essence à 5€.

Les gens ont tendance à confondre leurs désirs et la réalité matérielle. Le prix du baril a été gardé très bas grâce à une certaine politique des pays consommateurs. On peut parler de la guerre en Irak (bien que je ne sais pas exactement quel effet ça a eu sur le prix du pétrole), de la déstabilisation de Hugo Chavez, du renversement de Mossadegh, des pressions sur des pays qui veulent passer d’une économie pétrolière à une économie nucléaire, etc… On peut très bien comprendre que les pays importateurs essayent par tout les moyens de garder au plus bas le cours du pétrole (c’est un peu pour ça qu’on a donné un mandat à nos dirigeants), mais ceci ne veut pas dire que le cour actuel représente la vraie valeur d’échange.

Je me souviens avoir rencontré un jour une vielle dame veuve d’un grand amateur de vins. Le jour où elle s’est retrouvée seule, dans la cave de son mari, elle s’est demandé comment elle pourrait utiliser toutes ces bouteilles. Sa solution: le vin chaud. Ainsi de grands crus comme des Petrus sont partis en fumée avec de la cannelle et un zeste de citron. Nous pouvons décider de faire partir en fumée le pétrole et l’essence plutôt que de les utiliser comme matière première de l’industrie chimique. Pourquoi pas. Mais ça ne veut pas dire que ces substances n’ont pas plus de valeur qu’un vulgaire combustible.

Je peut décider de boire du Petrus ou de la piquette. Je peut décider de brûler un litre d’essence pour aller au boulot ou de pédaler sur un vélo pendant 40 minutes. Peu importe. Tout dépendra du prix que j’estime être raisonnable pour ces deux options.

H

Publié dans:  on 25 mai 2008 at 7:09 Laisser un commentaire
Tags: , , ,