Cherchez la femme (le pétrole).

Le détective privé aux étranges manières se retourna vers son assistant et lui dit d’un air entendu: “Cherchez la femme mon jeune ami!”

Ce passage est tellement commun aux romans policiers que je peux le citer sans risque d’être accusé de plagiat. Mais par paresse ou fatigue intellectuelle, ou simplement parce que nous espérons inconsciemment une trame différente à l’histoire, nous oublions systématiquement cette maxime et quand nous lisons un nouveau roman policier, nous refusons de “chercher la femme” (ce qui fait qu’on ne trouve la solution qu’après une lecture de 200 pages au lieu de 20).

Mea culpa, mea maxima culpa. Ça fait plusieurs semaines que j’aurais dû y penser mais ça m’était sorti de l’esprit…

Chaque fois que des troupes se déplacent au Proche-Orient, je me dis “cherchez le pétrole”. Les GI débarquent pour chercher des armes de destruction massive, je me dis “cherchez le pétrole”. Des populations se font déplacer :”cherchez le pétrole”.

Encore et toujours : “cherchez le pétrole”.

Et là ça fait quelques semaines que Gaza se fait bombarder, que les médias en parlent, que les têtes s’échauffent, que chacun dit ce qu’il en pense, et moi, espérant peut-être que la situation est différente, que les motivations sont autres, que l’histoire ne se répète pas indéfiniment, je n’ai pas mon réflexe habituel. J’oublie le pétrole. Le pétrole ou plus précisément, le gaz. Pourtant tout était là. Quelques mots-clés dans google et voilà.

A ma connaissance, personne dans la presse n’a parlé des gisements de gaz off-shore au large des côtes de Gaza. Personne n’a parlé de la fermeture des bureaux de la BG group en Israel. Personne n’a envisagé un lien de cause à effet entre ces puits de gaz et la situation actuelle (en réalité si, on en a parlé là).

Dans toutes ces discussions, on a étrangement tendance à occulter la présence de gaz offshore dans la zone dépendante de Gaza:

- Déclaration de la British gaz group

-Carte des territoires

Comme je disais “cherchez le pétrole”, mea culpa.

Hermesus

Publié dans: on 16 janvier 2009 at 7:11 Laisser un commentaire
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Ingrid

Ingrid Betancourt a été libéré hier grâce à une opération digne des films hollywoodiens. Je n’ai pas pu m’empêcher de regarder les images transmises par la télévision colombienne montrant son arrivée et sa conférence de presse. Aujourd’hui, à midi, toute l’information disponible, se résumait à cette conférence de presse. Dans les médias par contre, il était de bon ton de donner son avis et de commenter l’événement, même si la plupart de ses commentateurs, n’avaient même pas vu ou entendu l’émission de la télévision colombienne et la conférence de presse.

Voici un petit résumé “vu à la télé” ou “entendu à la radio”:

Sarkosy: assez sobre pour une fois, mais n’a pas réussi à s’empêcher de lâcher une de ses bêtises. Il a proposé d’accueillir en France les FARCs qui abandonneraient la lutte armée. Un peu tard (Ingrid est libéré), et surtout illogique: pourquoi ne pas faire venir en France les mafiosos repentis, les génocidaires qui n’ont plus de génocide à commettre ou d’autres criminels en fuite?

Ingrid Betancourt: Impressionnante! Le matin, elle était toujours prisonnière, douze heures plus tard elle réussi à donner une conférence de presse, calme, précise, assurée, répondant directement aux questions pièges. Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai pensé à un de Gaule au féminin.

Les Grandes gueules sur RMC: Personne n’avait vu la conférence de presse, mais ça y allait. Sophie de Menton déclarait qu’elle n’aurait du respect pour Ingrid que si elle se retirait pour passer du temps avec ses enfants. Francis Cohen (médecin généraliste, auteur du livre “Journal d’un médecin de banlieue“) ne voyait pas pourquoi on faisait ce tapage médiatique alors qu’il voit à sa consultation des gens malades avec des hépatites B ou C tout les jours. Je n’ai pas compris le rapport. Sophie de Menton se demandait pourquoi on a envoyé les enfants d’Ingrid en Colombie avec Kouchner alors qu’elle allait bien finir de repasser par la France et qu’elle pourrait donc revoir ainsi ses enfants… Les GG en général ont donné leur avis sur ce qu’Ingrid devrait faire dans le futur: se mobiliser pour les autres otages, se lancer dans des ONG, abandonner l’idée de la présidence…

La presse américaine: L’opération commando a été supervisé par le Pentagone, même s’il a été exécuté par les colombiens. La presse rappelle l’argent injecté par les EU au niveau de l’armée colombienne et leur excellente collaboration.

La presse française: pas un mot de la collaboration de l’armée américaine qui a supervisé et fourni un support à l’armée colombienne.

H

Publié dans: on 3 juillet 2008 at 3:51 Laisser un commentaire
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52 artistes contre le piratage

“Un beau récapitulatif de has-been, d’illustres inconnus, de machines à sous et de pseudo-rebelles.” C’était ma réaction en lisant la liste des 52 “artistes” signataires de l’appel contre le piratage. Si ces 52 porte drapeaux sont les représentant de la création artistique française, ils me confortent dans mes choix d’acquisition musicales (mes deux derniers achats: Nick Cave et Marisa Monte).

La raison de cette mobilisation: la Sacem n’a récolté “que” trois millions d’euros de plus par rapport à l’année passée…

Tout ceci sur fond de plainte et de procès par les grandes maisons de disques. C’est assez ironique de voir cette fuite de responsabilité du “corporate world” de nos jours. Quand une société fait faillite, c’est toujours la faute des lois, de la conjecture économique, du prix du pétrole. Jamais de l’incompétence de ses dirigeants. Quand l’industrie du disque voit ses recettes diminuer, ce n’est bien sûr pas sa faute. Le fait que les vrais créateurs et les vrais talents soient progressivement remplacés par des des produits marquettings préconditionnés genre Star-Ac, n’a bien sûr aucun effet négatif sur l’industrie (tiens le produit Star-Ac version 1.0 a aussi signé la pétition). Le fait qu’on ne s’implique plus que pour les one-shots ne fatigue bien-sûr pas le public. Et la baisse du pouvoir d’achat, qui fait qu’on dépense moins pour les produits de luxe quand qu’on n’a plus de quoi se payer des produits de première nécessité ne change pas nos achats en CD…

Non, le responsable, c’est le gamin boutonneux qui télécharge illégalement la musique. Comme si il y a vingt ans, les cassettes n’existaient pas et qu’on ne s’échangeait pas nos disques d’Abba ou des Bee Gees.

Savez-vous la seule étude impartiale, menée par le gouvernement canadien, a montré que les personnes qui téléchargent sont aussi ceux qui achètent le plus des CDs? J’ai essayé de voir comment les maisons de disques font pour chiffrer leurs pertes en téléchargement. C’est simple: on soumet aux actionnaires une prédiction des profits pour l’année suivante, disons 3 milliards. Après un an, on fait le bilan: tiens on n’a gagné que 1 milliard? C’est de la faute du gamin boutonneux! N’allez surtout pas accuser le PDG d’avoir fait des prévisions trop optimistes pour faire grimper les actions!

Si vous possédez des parts dans les grandes maisons de disque, vous seriez bien avisés de les revendre et d’acheter des actions dans le pétrole. Là au moins, pas de fausses promesses, pas de stratégies bidons; juste une petite guerre ou un coup d’état de temps en temps, c’est tout.

Et quid des 52 signataires? Je me suis dit que je n’achèterai plus leurs disques. Oui mais… déjà avant la pétiton, je ne m’intéressait pas à eux…

H.

PS: J’ai (re)découvert les Grateful Deads, superbes joueurs en “live”, qui demandaient à leurs fans d’enregistrer les concerts et de se les passer. On trouve sur le site Internet Archive pas mal de ces entregistrements, qui circulent avec la bénédiction des anciens membres du groupe.

Publié dans: on 23 juin 2008 at 2:14 Laisser un commentaire
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Mon pouvoir d’achat.

Mon pouvoir d’achat est bien en baisse. Le premier janvier, j’ai fait la liste des différentes choses que je voulais m’offrir pendant l’année 2008. Un Iphone. Un Ipod 80G. Un home cinéma avec un lecteur graveur de DVD. Un nouveau portable (le Mac book Air). Une semaine à Rio pour le carnaval ou bien 15 jours dans un SPA. Un vélo d’appartement. L’intégrale de Gainsbourg en CD. Une machine à café Nepresso ou peut-être un la Pavoni. Plus quelques broutilles sans lesquelles ma vie serait insupportable. J’ai comparé ça avec mon budget, et… bon je pourrai peut être acheter tous les items de ma liste, mais pour ça il faudrait que j’arrête de payer mon loyer, que j’arrête de rouler en voiture (j’oubliais, j’ai aussi mis sur ma liste une voiture propre, basse consommation) et que je jeûne pendant 9 mois. Dûr dûr …

Récemment, j’ai retrouvé dans mes archives ma liste de 1998: dedans il y avait: des pneus pour ma voiture, voir avec le concessionnaire si je peut revendre ma voiture actuelle et racheter une d’occasion mais en diesel, ajouter une barrette de mémoire vive supplémentaire à mon PC, une semaine de vacances à Spa (pas dans un SPA, à Spa petite vile en Belgique), plus quelques livres de chez Amazon.

Et là, je me suis rendu compte que j’avais changé. Il y a 10 ans, je voulais m’offrir des choses “raisonnable”, sur la base de leur importance pour ma vie professionnelle et privée. Maintenant, je convoite des choses “indispensables”, selon des critères que je suis bien incapable de définir.

En dix ans il y a eu une inflation des prix, c’est sûr; mon salaire n’a pas augmenté en proportion, c’est certain; mon pouvoir d’achat a baissé, c’est mathématique. Mais cette “sensation” viscérale de perte de moyen et d’impuissance économique est sans commune mesure avec ma réalité financière. Je l’explique par une perte du sens de la réalité financière. Je ne sais pas si c’est lié au passage à l’Euro, mais j’ai la sensation que les objets, malgré leur prix, ont moins de valeur. Pour l’anniversaire de mon neveu, je pensais lui offrir un PSP. 250 €. Et puis je me suis rendu compte que cette somme représentait 1800 FF ou 10000 FB. Somme que je n’aurai pas déboursé pour mon propre anniversaire il y a 10 ans (et encore mois pour celui de mon neveu). J’ai lui ai donc choisi un jeu pour son Game Boy Advanced , un peu dépassé, mais qui lui procure toujours beaucoup de plaisir.

H.

Publié dans: on 29 mai 2008 at 4:02 Laisser un commentaire
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De la roue de la fortune au trou de la Sécu.

Le trou de la sécu et la surprescription des médecins est un des leitmotifs des médias. Par contre personne n’a pu m’expliquer comment on calcule ce trou. Quand je vais chez le médecin, il m’ausculte, il demande parfois des examens complémentaires, prise de sang, radio, crachats et il me prescrit (ou pas) un traitement. Comment fait le gouvernement, sans savoir ce dont je souffre, pour dire que mon médecin traitant a surprescrit? Comment le ministre de la santé peut dire que la prise de sang était de trop? Ou que les antibiotiques étaient inutiles?

J’ai commencé à avoir des explications après avoir discuté avec un médecin urgentiste. En parlant d’une personne arrivée aux urgences après un infarctus, il m’a dit que vu l’âge du patient (66 ans), il ne fallait pas la transférer aux soins intensifs mais la garder dans un service chronique. Pourquoi? Parce que c’était les nouvelles “guidelines” et que c’était plus “cost-effective”. Perplexe, j’ai creusé le sens de ces néologismes. Et j’ai compris. Si vous avez 40 ans et que vous faites un malaise cardiaque, on a intérêt à faire le maximum pour vous car si vous vous en remettez, vous allez encore travailler entre 20 et 25 ans, payer des impôts, des cotisations sociales et de facto rembourser le coût de tous les soins high-tech qui vous auront été administré aux soins intensifs. Par contre, si vous avez plus de 65 ans, vous êtes retraité, vous ne produisez plus rien et vous êtes déjà une charge pour la société. il n’y a donc aucune raison d’augmenter cette charge en vous faisant bénéficier de soins coûteux. Il est donc plus “cost-effective” de vous donner des soins minimum.

Quand je vais chez mon médecin, j’espère bénéficier des meilleurs soins et des traitements les plus efficaces. Mais ce que la Sécu demande à mon médecin, c’est d’évaluer le coût versus les avantages financiers du traitement et de faire un arbitrage économique. Mon médecin doit comparer le coût du traitement avec le coût du non-traitement. Il doit comparer le coût d’un examen et celui d’un diagnostic “au pif”. Si c’est plus avantageux pour la société que je sois traité, il doit me prescrire des médicament. Si par contre ça coûtera moins cher à la Sécu de me laisser sans traitement ou de ne pas faire d’examens, il devra laisser la nature faire son travail.

C’est ce qu’on appelle le “cost-effectiveness”. Après les Mac-Dos, la roue de la fortune et la reality-TV, c’est la nouvelle importation des USA. Je peux comprendre que les économistes décident des taux d’intérêt, qu’ils décident de la durée du travail ou du taux de change, mais les laisser jouer au Docteur, là ça me dépasse.

H.

Publié dans: on 27 mai 2008 at 4:00 Laisser un commentaire
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L’essence est encore trop bon marché.

Le super 98 à 1.52 €. Ca va encore…

A partir de quand peut-on dire que l’essence est “trop” cher? Quelle est la limite? Un euro? Deux euro? Personnellement je dirai cinq Euro. Si on prend comme analogie le marché des fruits et légumes, on peut dire que les pommes sont trop cher quand arrivés devant l’étal du marchand, vous décidez de faire une tarte aux poires à la place de la tarte aux pommes. Et bien je pourrai dire que l’essence est trop cher quand plutôt que de prendre ma voiture pour arriver en 20 minutes au travail, je prendrai les deux bus avec correspondance qui mettent 1h20 au total pour me conduire de porte à porte. Ou bien le jour où je revendrai ma voiture à essence pour acheter une voiture électrique. Pour moi cette limite est l’essence à 5€.

Les gens ont tendance à confondre leurs désirs et la réalité matérielle. Le prix du baril a été gardé très bas grâce à une certaine politique des pays consommateurs. On peut parler de la guerre en Irak (bien que je ne sais pas exactement quel effet ça a eu sur le prix du pétrole), de la déstabilisation de Hugo Chavez, du renversement de Mossadegh, des pressions sur des pays qui veulent passer d’une économie pétrolière à une économie nucléaire, etc… On peut très bien comprendre que les pays importateurs essayent par tout les moyens de garder au plus bas le cours du pétrole (c’est un peu pour ça qu’on a donné un mandat à nos dirigeants), mais ceci ne veut pas dire que le cour actuel représente la vraie valeur d’échange.

Je me souviens avoir rencontré un jour une vielle dame veuve d’un grand amateur de vins. Le jour où elle s’est retrouvée seule, dans la cave de son mari, elle s’est demandé comment elle pourrait utiliser toutes ces bouteilles. Sa solution: le vin chaud. Ainsi de grands crus comme des Petrus sont partis en fumée avec de la cannelle et un zeste de citron. Nous pouvons décider de faire partir en fumée le pétrole et l’essence plutôt que de les utiliser comme matière première de l’industrie chimique. Pourquoi pas. Mais ça ne veut pas dire que ces substances n’ont pas plus de valeur qu’un vulgaire combustible.

Je peut décider de boire du Petrus ou de la piquette. Je peut décider de brûler un litre d’essence pour aller au boulot ou de pédaler sur un vélo pendant 40 minutes. Peu importe. Tout dépendra du prix que j’estime être raisonnable pour ces deux options.

H

Publié dans: on 25 mai 2008 at 7:09 Laisser un commentaire
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